Le bilan d’un an de France 2030 déçoit les intercommunalités

France 2030 a soufflé sa première bougie. Pour l’occasion, le gouvernement a fait un bilan préliminaire de l’utilisation du plan. L’objectif est « d’éviter tout risque de stagnation technologique et industrielle » expliquait-on à Matignon. Avec le décaissement de 8,4 milliards d’euros au profit de 1 752 projets innovants depuis l’automne dernier, Matignon estime le pari tenu et espère maintenir ce rythme en 2023.

D’ici la fin de l’année, le gouvernement s’attend à dépasser les 10 milliards d’euros d’aides décaissées, la moitié des fonds allant à des projets de décarbonation et l’autre moitié à des PME des nouveaux secteurs et des acteurs émergents. Dans un entretien aux Echos, la Première ministre, Elisabeth Borne, a estimé que cette aide conduirait à “10.000 créations d’emplois potentiels”. Concernant le volet régional, le secrétaire général des Investissements (SGPI), Bruno Bonnell, se félicite que 60% de la somme ait été versée hors Ile-de-France. Matignon a également évoqué la contractualisation entre l’État et les 11 régions – jusqu’à 500 millions d’euros pour l’État et autant pour les régions – et annoncé la création de la sous-tutelle France 2030 qui était auparavant chargée de l’utilisation du plan RELAUNCH. . Parmi les améliorations possibles, le Premier ministre a promis de simplifier les procédures et d’accélérer la région.

Attraper

Sébastien Martin, président (ex-LR) des Intercommunalités de France et de la communauté d’agglomération du Grand Chalon est moins que satisfait de cette première année. La Gazette l’a interviewé pour comprendre les raisons de son mécontentement.

Que reprochez-vous à la consommation de cette première année de France 2030 ?

Sébastien MartinSébastien Martin : La réindustrialisation nationale ne peut se faire qu’à l’échelle de quelques régions. 60% des financements ont été répartis sur les régions Ile-de-France et Auvergne-Rhône-Alpes car les sièges sociaux des grandes entreprises se trouvent dans ces deux régions. Ces entreprises ont la capacité de répondre parfaitement au suivi de ce type de programme. Alors que les petites et moyennes entreprises (PME) qui innovent aussi n’ont pas forcément d’équipe de veille pour se placer dans l’appel à projet.

Lire Aussi :  « Monsieur le président, votre silence est assourdissant », la lettre de 10 000 soignants à Emmanuel Macron

C’est plus que dans le cadre du précédent Programme d’Investissements d’Avenir (PIA). Nous ne tirons pas les conséquences des problèmes que ce programme peut engendrer. Cependant, nous savons très bien que la majeure partie du développement industriel se fait à l’extérieur des grandes villes. L’enjeu de France 2030 doit être la réindustrialisation du pays et non l’innovation pour l’innovation. Nous avons besoin d’un système plus ascendant.

Quels problèmes pose cette absence de territoire régional de France 2030 ?

Le Premier ministre nous a dit qu’il y a déjà eu une cinquantaine d’appels à projets en moins d’un an. Une fois par semaine. Comment suit-on ? C’est l’horreur. Il n’y a rien de pire qu’un système descendant. Seuls les plus avertis et les plus aptes à répondre aux appels à projets le font. France 2030 ne peut se limiter à financer les innovations de quelques grands groupes. Nous réclamons depuis longtemps que la régionalisation de ce plan ne se limite pas aux seules conventions régionales. C’est une question de méthode. Le problème, c’est que Bercy veut le contrôler par des appels à projets. Ils sont très pratiques pour Bercy car il peut reprendre des crédits non utilisés. Il faut vraiment qu’on accepte de faire confiance à la région.

Lire Aussi :  Évolution de la situation sanitaire par région en France ce jeudi 27 octobre 2022

Comment rendre France 2030 plus territoriale ?

Un milliard d’euros contracté avec les régions du 53 c’est toujours mieux que rien mais ce n’est pas comparable. Nous disons attention, nous allons rater beaucoup de projets si nous ne créons pas plus de territoires et si surtout nous n’activons pas le lien avec les Territoires d’industrie. Utilisons cet excellent vecteur. Ce n’est pas parce que certaines personnes ont du mal qu’il faut jeter le bébé avec l’eau du bain. Je salue les bonnes intentions de Bruno Bonnell, mais si j’étais à sa place, j’organiserais tout de suite une assemblée des régions industrielles et les mobiliserais pour France 2030. C’est très bien de soutenir le secteur de l’innovation ultra-efficace parfois dans des niches, mais nous devons également soutenir notre industrie plus traditionnelle vers cette innovation.

Entre les municipalités reconnaissent les chefs d’entreprise. Il faut leur donner la possibilité d’activer les moteurs économiques de leurs zones économiques. Personne ne me dira que c’est DREET qui est toujours en contact avec les chefs d’entreprise. Le sujet est l’efficacité et le développement de la région qui va avec.

Quelles garanties avez-vous pour l’avenir du programme Territoires d’industrie ?

On nous dit qu’il y aura une annonce d’ici la fin de l’année. Nous esperons. Je n’ai pas peur de perdre la Région industrielle mais ça se ramollit. C’est une erreur du gouvernement de ne pas relancer ce programme et de ne pas l’exprimer avec France 2030 pour lui donner une seconde vie. On sentait que c’était un programme que certains officiers supérieurs de Bercy n’apprécieraient pas forcément et certains voudraient s’en passer. Mais nous ne laisserons pas cela se produire. J’aimerais que la relance volontaire de l’industrie que nous avons connue à la fin du quinquennat précédent soit au moins équivalente aujourd’hui. Je ne comprends pas pourquoi l’Etat veut se priver de milliers de ces fantassins de la reconquête de l’industrie que sont les élus et les services de développement économique entre nos communes.

Lire Aussi :  Miss France 2023 : Geneviève de Fontenay secrètement liée à une candidate au titre

Qu’attendez-vous du gouvernement ?

Nous appelons à arrêter les appels à projets. Nous avons demandé une grosse enveloppe sur les principaux dossiers et nous avons rendu la main au conseil régional, superviseur régional et interco. Nous devons travailler avec les provinces et les élus pour identifier les projets et les divulguer avec les industriels que nous connaissons.

Que pensez-vous de la création des sous-tutelles de France 2030 ?

(Soupir). Cette décision n’est pas douloureuse mais tout le monde sait que nous entretenons une relation avec un chef d’entreprise proche. Ce n’est pas un sous-surintendant du redressement placé auprès du surintendant régional de Bordeaux qui pourra agir sur le redressement économique de la Creuse.

Source

Leave a Reply

Your email address will not be published.

Articles Liés

Back to top button