Jean-Christophe Lagarde, ex-député UDI de Seine-Saint-Denis, condamné à dix mois de prison avec sursis pour emploi fictif

L'ancien député Jean-Christophe Lagarde, ici en janvier 2022.

Le tribunal correctionnel de Paris a prononcé mercredi 7 décembre une peine de dix mois de prison avec sursis à l’encontre de l’ancien député UDI de Seine-Saint-Denis Jean-Christophe Lagarde pour avoir confié à sa belle-mère un travail fictif d’assistante parlementaire entre mai 2009 et août 2010.

L’ancien député centriste (entre 2002 et 2022), âgé de 55 ans, qui a quitté la présidence de l’Union démocratique et libre en octobre, est coupable de détournement de fonds publics pour avoir versé à la mère de son épouse, Monique Escolier-Lavail, près de 40 000 euros de salaire sous contrat “atypique, surnaturel”considérer le tribunal dans son jugement.

Estimant que M. Lagarde a « Manque au devoir exemplaire d’un élu » dans “faire passer les intérêts personnels avant le bien commun”, le tribunal a condamné une amende de 60 000 euros et deux ans de déchéance. Lui et sa belle-mère doivent également verser près de 75 000 euros de dommages et intérêts à l’Assemblée nationale. Condamnée pour recel, Monique Escolier-Lavail a écopé de quatre mois de prison avec sursis et de 20 000 euros d’amende.

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Appel à des sanctions “un fait insupportable pour le corps social”, Le parquet a requis pour M. Lagarde un an de prison et cinq ans de privation des droits civiques. Une peine de six mois avec sursis a été requise contre sa belle-mère.

Lors de l’audience du 3 octobre, la défense de M. Lagarde a plaidé en faveur de l’acquittement, de la condamnation “enquête paresseuse” et a rejeté tout parallèle avec le cas d’emploi fictif de l’épouse de l’ancien Premier ministre François Fillon, cas à l’issue duquel l’emploi parlementaire de la famille a été interdit.

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Recrutement « atypique ».

L’ancien député a tenté de justifier l’embauche “pas typique” de sa belle-mère, ancienne dirigeante de PME, pour les besoins d’un livre qu’il disait préparer, traitant des difficultés des petits entrepreneurs en France, qui n’a jamais paru.

Sa belle-mère, peinant à détailler le contenu de sa mission au service de son gendre, relève “lire le journal” et certaines “conversation informelle” avec le concessionnaire. Bien qu’il habite dans le Sud-Ouest, à 600 km de l’Assemblée nationale, il a assuré se concentrer sur cette mission “cinq heures par jour, sept jours sur sept”mais les enquêteurs n’ont trouvé aucune trace de ce travail.

Selon son récit, l’ordinateur où étaient stockées ses coupures de journaux et ses observations a été endommagé par la foudre qui a frappé sa maison en 2017. “On ne peut pas conclure de l’absence d’éléments matériels le fait qu’il n’y a pas de travail”a fait appel à son avocat, M.e Virginie Tesnière.

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L’enquête a été ouverte par le parquet national financier (PNF) en octobre 2017 à la suite d’une plainte d’un élu de l’opposition de la ville de Drancy (Seine-Saint-Denis), commune que M. Lagarde dirige depuis plus de seize ans et dont il est aujourd’hui l’un des membres du conseil municipal.

“C’est une injustice car ce que révèle l’affaire, c’est qu’il n’y a pas eu d’enrichissement personnel pour Jean-Christophe Lagarde”a déclaré son avocat Yvon Goutal, interrogé par l’Agence France-Presse après la lecture du jugement, annonçant son intention de faire appel.

Le monde avec l’AFP

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