Invectives, “menaces”… Séance tendue à l’Assemblée sur la réintégration des soignants non-vaccinés

Minoritaire dans l’hémicycle, le parti du président a fait traîner le débat à la Chambre pour empêcher un vote du projet de loi par les députés LFI. Cela entraîne de nombreux incidents lors des séances et des points de commande.

Une forme d’obstruction parlementaire qui a provoqué la colère de La France insoumise, de l’Assemblée nationale et de nombreux élus ce jeudi soir à l’Assemblée nationale. Lors du vote sur la réinsertion des soignants non vaccinés, objet du projet de loi LFI, le parti du président et ses alliés ont fait traîner le débat pour empêcher un vote sur ce texte.

Dans le cadre d’une niche parlementaire insoumise de députés, le projet de loi sera adopté d’ici minuit, la dernière échéance. Sinon, le texte est laissé seul. Pour éviter son utilisation, Renaissance a d’abord tenté de faire adopter un amendement visant à supprimer l’article principal du projet de loi. Mais il a été massivement rejeté (96 pour, 161 contre).

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“Tu vas te taire”

Minoritaires, les députés du camp présidentiel ont décidé au dernier moment de multiplier les sous-amendements éditoriaux sur les amendements du gouvernement. Évidemment, pour avoir du temps de parole pour éviter que le texte ne soit voté.

Un des sous-amendements proposés, par exemple, pour remplacer le mot « n’exerçant » par le mot « qui n’exerçent ».

Des dizaines d’amendements de ce type ont été déposés. Les députés macronistes ont également demandé de nombreux délais, et le ministre de la Santé, François Braun, a multiplié les discours du fleuve.

Un comportement qui a provoqué la colère de nombreux élus sur les réseaux sociaux. Avant de finalement accabler l’un d’eux, le député guadeloupéen Olivier Serva (LIOT), qui a crié à l’un de ses amis : “Tu vas te taire !”

“Vous rejetez la démocratie, vous insultez le peuple”

Malgré un appel de courtoisie de la vice-présidente de l’Assemblée nationale Naïma Moutchou, plusieurs élus à l’étranger ont soutenu Olivier Serva. Ce dernier agit après suspension de session :

“Vous rejetez la démocratie, vous insultez le créneau du parlement LFI, vous insultez le peuple”, a-t-il lancé. “Vous utilisez de petits prétextes, comme vos ambitions. […] Tu es minoritaire, accepte-le !”

“On ne peut pas s’asseoir matin, midi et soir sur la démocratie”, débordait quelques minutes avant Sébastien Chenu (RN). “Vous ne pouvez pas gagner avec des mouvements.”

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Plus tôt dans l’après-midi, plusieurs députés de la Renaissance avaient publié des déclarations qui avaient provoqué la colère de l’hémicycle. Caroline Yadan a par exemple dénoncé : “l’irresponsabilité des personnes non vaccinées ne peut pas être la nôtre”.

“Vous êtes en train de faire une proposition de loi antivax, complotiste”, a lancé en son nom Sylvain Maillard.

“Ce n’est pas un cirque ici”

Après plusieurs rappels au règlement et la suspension de séance, la rapporteure du texte, Caroline Fiat, a dénoncé dans un discours enflammé l’attitude du gouvernement, qui participe “au jeu de l’obstruction”.

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“Nous ne vous laisserons pas partir”, a-t-il conclu. Ses camarades rebelles ont largement applaudi et scandé “combat”. Le président de séance est alors intervenu : “Ce n’est pas un cirque ici !”

Quelques instants plus tard, une allocution d’Olivier Véran, ancien ministre de la Santé et actuel porte-parole du gouvernement, pendant dix minutes, n’a pas manqué d’animer davantage le débat. Et provoquer une autre suspension de session.

Des “menaces” seront proférées contre le député de la majorité, même souligné dans le vélo hémique de Thomas Mesnier (Horizons).

A la reprise de la séance à 23h50, les députés de l’opposition ont décidé de quitter l’hémicycle en signe de protestation. Juste avant minuit, le président de séance a clos la séance et l’examen du texte a été interrompu. Mais la grande majorité des élus restent déterminés à voter pour la réintégration des soignants non vaccinés. “On ne lâchera rien, on fera en sorte que ce texte revienne”, a promis Caroline Fiat.

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